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RESSENTIR

Marie Bathellier aime tout ce qui nait d’ accidents, de chemins de traverses empruntés instinctivement et de ce qui arrive souvent, en surprises, les derniers quarts d’ heure de journées d’ atelier…

Des rouleaux de papier japonais et une pile de draps anciens attendent diverses manipulations. Matériaux vierges et souples aux multiples qualités pliables et froissables. 

Inspirée par les racines tortueuses de pins rencontrées en chemins, l’ enroulement des vagues, le courant des rivières ou les drapés de sculptures antiques, Marie Bathellier froisse et torsade le papier. Elle y love ensuite dans ses plis et replis, une à une, ses couleurs. Ce lent protocole alternant torsade, mise à plat, peinture et déploiement amène le travail jusqu’ à ce que naisse bruissements puis intense sentiment de vie.

Intérêt également pour toutes les surfaces texturées des éléments naturels. Une autre technique permettra, après avoir recouvert partiellement de couleur pierre, bois, écorce, fruit ou autre, de venir recueillir directement empreintes et impressions. 

La finesse du papier végétal permet la traversée partielle des couleurs. Toute une chromatique de blancs teintés, gris, ciels, bleus, verts, céladons et noirs jouent les transparences et les juxtapositions. Le blanc du papier libère un espace, une respiration. Le travail des couleurs balafre et renforce ses surfaces. Il  porte alors des marques minérales, végétales et aquatiques.

Dans le sillage de Simon Hantai, ces expérimentations reposent sur le besoin de trouver une technique susceptible d’ exprimer au mieux  impressions et sensations. 

Ode à la vitalité, aux espaces rythmés, aux jeux de la lumière.

Avec l’ utilisation de tissus Marie Bathellier développe des variations autour de l’eau, l’ air et la lumière.

L’ artiste froisse entièrement ou partiellement une coupe de tissus et fait monter un travail de couleurs et de compositions par essuiements successifs. Après déploiements, des empreintes comme des fleurs, nuages, éclaboussures s’ épanouissent et explosent, débordant du cadre. 

Le fond blanc du tissus génère la lumière et donne la pulsation à la couleur. Dans le sillage de Joan Mitchell, Marie Bathellier ne cherche pas à représenter arbres, branches ou ruisseaux mais à retranscrire un sentiment, une sensation éprouvée en pleine nature. 

Bains de mer et d’ eaux douces, bains de soleil et d’ ombres portées, bains de forêt, parfums de terre et de fleurs sauvages. 

Le temps parait suspendue. Ressentir. Être. Autant dans les souvenirs que tout au long du travail créatif naissant.

Les oeuvres se présentent sous formes de ballades sérielles et d’ installations.

Elles invitent le visiteur à une immersion douce et intime, ressourçante. 

EXPERIENCE

Marie Bathellier likes everything born of accidents, paths followed instinctively and from what results often, by surprise, from the last moments of a daywork in the studio…

Japanese paper rolls and a pile of vintage fabric sheet are waiting miscellaneous manipulations. Their infinite folds and creases abilities waiting Virgin and versatile materials with multiple pliable and creasing qualities.

Inspired by the twisted roots of a pine tree encountered along the way, by rolling waves,

river streams or by the draping of antique statues, Marie Bathellier rumples and weaves the paper. She lays love inside its folds and bends. This slow protocole alternating weaving, flattening, painting and spreading carries the work towards the birth of rustlings then intense feeling of life.

Likewise, interest for all textured surfaces of the natural elements. Another technique

will gather prints and impressions directly from stone, wood, bark, fruit and other after partially covering them in color.

Fineness of the vegetal paper allowing the partial crossing of colors. The full color schemes of stained whites, greys, skies, blues, greens, jades and blacks playing

with transparencies and juxtapositions. The whiteness of the paper freeing a space, a breath. The effect of the colors scars and enhances its surfaces.

Thereby bearing mineral, vegetal and aquatic markings.

In the footsteps of Simon Hantai, these experiments are based on the need to find a technique that can best express impressions and sensations.

Song to vitality, rhythmic spaces, games of light.

With the use of fabrics Marie Bathellier develops variations around water, air and light.

The artist completely or partially crumples a cut of fabrics and makes a work of colors and compositions by successive wiping. After deployments, imprints like flowers, clouds, splashes bloom and explode, overflowing the frame.

The white background of the fabric creates light and gives a pulse to the color.

Marie Bathellier does not seek to represent trees, branches or streams but to transcribe a feeling, a sensation experienced in nature.

Sea and fresh water baths, sunbaths and immersion in shades and forests, scents of earth and wild flowers.

Time seems suspended. To feel. To be. As much in the memories as throughout the nascent creative work.

The artworks come in the form of serial ballads and installations.

They invite the visitor to a gentle and intimate immersion, rejuvenating.